lunes, 25 de junio de 2012

Jacques Brel - Ne me quitte pas / No me abandones

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le coeur du bonheur
Ne me quitte pas

Moi je t'offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserais la terre
Jusqu'après ma mort
Pour couvrir ton corps
D'or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l'amour sera roi
Où l'amour sera loi
Où tu seras ma reine
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t'inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants là
Qui ont vu deux fois
Leurs coeurs s'embraser
Je te raconterai
L'histoire de ce roi
Mort de n'avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D'un ancien volcan
Qu'on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu'un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu'un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s'épousent-ils pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t'écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L'ombre de ton ombre
L'ombre de ta main
L'ombre de ton chien
Ne me quitte pas

No me abandones.
Tienes que olvidar,
todo lo que ya ha escapado
puede olvidarse.
Olvidar el tiempo
de los malentendidos,
y el tiempo perdido
a saber cómo.
Olvidar las horas
que a veces mataban
a golpes de por qué
el corazón de la felicidad.
No me abandones.

Yo te ofreceré
perlas de lluvia
venidas de países
donde nunca llueve.
Excavaré la tierra
hasta después de muerto
para cubrir tu cuerpo
de oro y de luz.
Construiré un lugar
donde el amor será rey,
donde el amor será ley,
donde tú serás mi reina.
No me abandones.

No me abandones.
Inventaré para ti
palabras sin sentido
que tú entenderás.
Te hablaré
de aquellos amantes
que vieron dos veces
arder sus corazones.
Te contaré
la historia de ese rey
muerto por no haber
podido encontrarte.
No me abandones.

A menudo vemos
salpicar de fuego
un viejo volcán
que creíamos extinto.
Parece como si
la tierra abrasada
ofreciera más trigo
que el mejor abril.
Y al llegar la tarde
para que arda el cielo
el rojo y el negro
no se abrazan.
No me abandones.

No me abandones.
No lloraré más
no hablaré más.
Me esconderé aquí
a mirarte
bailar y sonreír
y a escucharte
cantar y reír.
Déjame convertirme
en sombra de tu sombra
sombra de tu mano
sombra de tu perro.
No me abandones.

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